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jeudi 11 décembre 2008

Neige qui fond - C.B.

Tout en gris, ça coule et suinte, ça grince comme un trombone estropié. Y a c’truc qui sonne faux, qui crisse…La lamentation des instruments, la nausée qui s’insinue, qui hurle en La mineur. Seconde angoissante, minute manquante…La mort de l’instant, comme celle d’un sourire. Le vacarme des larmes de pluie sur le zinc branlant. Froid métallique, son déglingué. Ruine de l’éphémère blancheur noircissant en rythme d’égouttement dégoutant.

C.B.

mercredi 5 novembre 2008

L'inspiration que je n'ai pas - Barbara HEBRARD

L'inspiration
que je n'ai pas
va se transformer
en quelques lignes
en une suite
peut-être logique
de mots, qui,
bout à bout,
signifieront
un jour
quelque chose,
cette chose
qui veut dire
absence
d'inspiration
pour des mots
qui n'ont pas
de
langage.

 

Barbara HEBRARD.

Danse éclatée - Baptiste BLOCH

1.

Vision d’azur

En pente rase

 

Sur la jetée

S’estompe verte

 

Cette robe

 

2.

Sombre glisse

L’ombre lisse

 

Et libre enfin

Musique

 

3.

La brume bleue

Bascule

Se brise

 

La bise au bal

 

Baptiste BLOCH

mardi 21 octobre 2008

Cigarette - Anonyme

Elle avait des lèvres toutes roses et des dents toutes blanches. Assise sur un mur, elle fumait une fumée pas fumée qui partait doucement dans les airs, et faisait l'effet du lait qui se dissipe. Elle semblait tout à fait légère, s' envolant ainsi, et pourtant parfaitement lourde à la nuit, cette fumée blanche. Elle faisait des arabesques et des circonvolutions improvisées sous la lumière. A mes questions, elle a répondu qu'elle sacrifiait sa jeunesse pour la pure esthétique de cinq minutes ; son argument m'a convaincu.

Anonyme.

Maton, t'es con - Gilles LETELIER

Maton, t’es con. C’est craché, pas justifié ? Bling-bling médullaire des heures léthéenes, ça lance dans ma tête, salope de migraine. Et des loquets qui puent le stupre ; le stupre des impasses auxquelles je colle mon œil avide. Enflure, ça me tue. Maton, t’es con. Te prive pas, continue ton rituel obscène à en gerber mes viscères, dandine ton cul repu dans les bas-fonds de c’te pute liberté, où j’peux même pas foutre les pieds. Maton, t’es con. Même ta bonhommie obséquieuse, elle m’esquinte, m’assassine. Je t’attrape, je te crève. Ravale ta dope de dupe, tes oripeaux doucereux ; j’ai le sourire carnassier. Dans l’obscurité où on crèche, ça résonne faux-perché, tes gros souliers, à s’pavoiser. T’es le sel de notre peine : on t’exècre. Maton, t’es con. Et gaffe au mimétisme, toi et moi, à une porte toute près, on est d’la même et pire espèce, d’celle qui lèche la fosse sceptique d’madame Société. Maton, t’es con. Traine pas trop au tournant ou j’te ferai misère. Tombé une fois, peut-être même quelques fois mais comment qu’j’me relève, toi qui es si malin ? Clapier puant ; promiscuité maladive ; chairs écorchées, solitudes exilées : et être, comment? Rien à quoi s’raccrocher, que des parois suintantes. J’te tousserais ma tuberculose de damné. Maton, t’es con. Ya pas de prise, pas d’emprise. J’me casse les dents sur les barreaux, rien que pour ressentir ; d’ma mine patibulaire, j’fais craquer les molaires. J’m’âbime, me mutile ; qu’importe, ça rend moins mort que vie. Maton, t’es con. T’as rien fait ? Que tu dis. T’as oublié alors viens pas pleurer quand j’remplis tout mon vide phystique d’un « maton, t’es con ». Moi, j’ai plus que ma haine pour pas taire – comme tu l’as fait, comme ils l’ont fait – qu’suis pas autre chose qu’un Homme.

Gilles LETELIER

lundi 20 octobre 2008

Florilège - Gonzague VAN BERVESSELES

FLORILEGE


Ainsi, je continue mon simulacre
De similaires simagrées, certes âcres;
Acrimonieux plaisantin plaisanté
Plaidant ployé l'adonis adonné.

Acmé culminant des sens accusé?
Non, bénéfique est la naïveté,
Voluptueuse veuve divulguée
Et violée sur le voilier de Protée.

Mais masquons cette monomanie molle
Montée par moi, malignement frivole,
Qui accole "Dame Naïveté"
En monolithe de lubricité.

Ainsi, comme j'ai déjà dû le dire,
Jouïssante entéléchie que d'écrire!
Ecrire à crocs cirés, y rêver rance,
Parler raout et faire un pas de danse.

Même si l'on danse comme un faux dandy
Qui ne fait que dansotter et se plie
A une basse danse délaissant
Moutons et singes juchés ignorants.

Autant être le fleuron des fleurettes
Flottant en fou fleurdelisé en fête,
Au lieu de fleurer un florissant flegme,
(Qui fait flonflon au fleuronné diadème)
Florès d'une flopée de floches femmes.

Enfin, après toutes ces flatulences
De florilège de foutaises denses,
De florilège fluent et folâtre,
Au final fla-fla flagada douceâtre,

Moi, en flou flandrin flâneur et flanqué,
Je voudrais finalement affirmer
Qu'il est favorable de flamboyer
Et garder la foi en ce que l'on fait.

Gonzague VAN BERVESSELES